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Quelles obligations réglementaires pour le stockage de carburant en agriculture ?

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Quelle est la réglementation concernant le stockage du GNR ?

L'arrêté du 1er juillet 2004 s'applique aux stockages non visés par la législation des installations classées ni par la réglementation des établissements recevant du public. C'est le cas de la quasi-totalité des cuves agricoles. Il couvre le gazole, le fioul domestique, les fiouls lourds et les combustibles liquides pour appareils mobiles de chauffage.

Ce texte ne fonctionne pas par seuil d'entrée : il s'applique dès le premier litre stocké. Ce sont les prescriptions techniques qui se durcissent à mesure que le volume augmente.

La rétention : l'obligation numéro un

C'est la règle qui protège le sol, et celle que les contrôles regardent en premier. Deux solutions au choix, pas les deux :

  • Un réservoir à double paroi, dont la seconde enveloppe est étanche ;
  • ou une cuvette de rétention étanche, dont la capacité doit être au moins égale à la plus grande des deux valeurs suivantes : 100 % de la capacité du plus grand réservoir, ou 50 % de la capacité globale de l'ensemble des réservoirs.

Autre règle liée : aucune canalisation (eau, eaux usées, gaz, électricité) ne doit passer sous les réservoirs ni traverser la cuvette de rétention, hormis les dérivations indispensables à l'installation.

Les distances de sécurité pour une cuve aérienne

Elles se mesurent par rapport au bâtiment le plus proche et dépendent de la capacité globale stockée :

Capacité globaleDistance minimale au bâtiment
Moins de 2 500 LAucune distance imposée
2 501 à 6 000 L1 m
6 001 à 10 000 L6 m
10 001 à 50 000 L7 m
Plus de 50 000 L10 m

Entre deux réservoirs de plus de 15 000 litres, l'écartement doit être d'au moins 0,2 fois la largeur du plus grand, avec un minimum de 1,50 m.

La clôture devient obligatoire au-delà de 15 000 litres, avec une hauteur minimale de 1,75 m.

Quelle est la réglementation pour le stockage à l'intérieur ?

Le stockage en bâtiment obéit à des règles renforcées :

  • Enveloppe secondaire étanche et résistante au feu, ou cuvette de rétention de capacité égale au stockage.
  • Au rez-de-chaussée ou en sous-sol : porte pare-flammes d'au moins un quart d'heure, murs et planchers coupe-feu d'au moins une demi-heure.
  • Au-delà de 2 500 litres en local exclusif : murs et planchers coupe-feu 2 heures, porte pare-flammes 1 heure à fermeture automatique.
  • Interdiction du feu nu, des appareils incandescents non enfermés et des matières combustibles autres que les produits stockés.

À noter : l'arrêté impose un dispositif de jaugeage et interdit les tubes de niveau en verre. En revanche, il ne prévoit pas d'obligation d'extincteur pour le stockage fixe — cette obligation vient du code du travail si vous employez des salariés, et de la réglementation transport si vous déplacez du carburant.

Le cas de la cuve enterrée

Seuls deux types de réservoirs peuvent être enterrés : les réservoirs ordinaires placés en fosse et les réservoirs à sécurité renforcée (double paroi, ou revêtus de béton ou de plastique).

Pour un réservoir ordinaire, la fosse doit être étanche et former une cuvette de retenue d'une capacité au moins égale à celle du réservoir, avec des murs d'au moins 0,20 m, un espace de 0,20 m entre la fosse et le réservoir, et un regard permettant de contrôler le point bas. La fosse ne doit pas être remblayée : c'est ce qui permet de détecter une fuite.

Pour un réservoir à sécurité renforcée, la distance minimale par rapport aux limites de propriété est de 0,50 m.

En régime ICPE, les exigences sont plus lourdes : double paroi avec système de détection de fuite déclenchant une alarme, et contrôle d'étanchéité périodique pour les réservoirs simple paroi encore en service.

Quelles sont les normes pour les cuves ?

L'arrêté impose que tout réservoir, raccord ou équipement soit conforme à une norme française ou équivalente européenne. Les normes deviennent donc obligatoires par renvoi :

  • NF EN 13341+A1 pour les réservoirs en thermoplastique destinés au stockage non enterré, de 400 à 10 000 litres ;
  • NF EN 12285-1 (double paroi) et NF EN 12285-2 ou NF M 88-512 (simple paroi) pour l'acier enterré.

C'est le premier critère à vérifier à l'achat, avant même le volume : une cuve à gasoil conforme porte ses références de norme. Les modèles à double paroi en polyéthylène ou en acier galvanisé simplifient la mise en conformité, puisqu'ils dispensent de construire une cuvette de rétention. Nous référençons notamment les cuves à gasoil Renson dans notre gamme cuve de stockage.

Contrôle avant mise en service et entretien

Avant la première mise en service, l'installateur doit procéder à un essai d'étanchéité et remettre un certificat de conformité mentionnant l'installateur, le maître d'ouvrage et les caractéristiques de chaque réservoir. Conservez-le : c'est votre preuve en cas de sinistre.

En revanche, il n'existe pas d'obligation générale de contrôle périodique pour une cuve aérienne hors ICPE. L'arrêté met une obligation de résultat à la charge de l'exploitant : entretenir l'installation « de manière à éviter tout épandage de produit », sans fixer de fréquence. Les contrôles quinquennaux ou décennaux ne concernent que les réservoirs enterrés en régime ICPE.

Le transport de GNR par l'exploitant

Point souvent mal connu : il n'existe pas de dérogation agricole pour le gazole en matière de transport de matières dangereuses. Le GNR est classé UN 1202, catégorie de transport 3.

L'exemption partielle ADR s'applique jusqu'à 1 000 litres par unité de transport. Sous ce régime, tombent les panneaux orange, le certificat ADR du conducteur et le conseiller à la sécurité, mais restent obligatoires : un extincteur de 2 kg à poudre, des emballages homologués, le document de transport et la formation du personnel.

Fuite et pollution : la responsabilité de l'exploitant

L'entretien de l'installation et la prévention de tout épandage sont à la charge de l'utilisateur. En cas de pollution des sols ou des eaux, le déversement de substances nuisibles est réprimé par le code de l'environnement, et le coût de dépollution reste dans la très grande majorité des cas à la charge de l'exploitant.

Deux réflexes : vérifier ce que couvre réellement votre contrat d'assurance sur le volet pollution — ce n'est pas systématique —, et conserver le certificat de conformité de l'installation.

Nos téléconseillers, issus du milieu agricole, vous aident à choisir une cuve conforme à votre volume et à votre implantation au 05 86 93 00 07, du lundi au vendredi (8h30-12h30 / 14h-18h30). Découvrez nos cuves à gasoil et GNR, nos cuves de stockage et nos cuves de stockage d'eau, avec une livraison rapide partout en France.

Quelle est la réglementation concernant le carburant pour les tracteurs agricoles ?

Les tracteurs agricoles fonctionnent légalement au gazole non routier (GNR), un carburant détaxé de couleur rouge, soumis à un taux réduit de TICPE réservé aux usages agricoles. Son utilisation dans un véhicule routier est une fraude passible de sanctions administratives et financières significatives.

Sur le plan du stockage, le GNR destiné aux tracteurs suit le même cadre réglementaire que tout carburant agricole : arrêté du 1er juillet 2004, bac de rétention obligatoire, éloignement des sources d'ignition et conformité des équipements.

La demande de remboursement partiel de la TICPE s'effectue via la plateforme Chorus Pro, accessible sur chorus-pro.gouv.fr. Ce remboursement concerne exclusivement le carburant consommé pour des travaux agricoles, ce qui impose à l'exploitant de conserver ses factures d'achat comme justificatifs auprès de l'administration fiscale.

Quelle est la réglementation concernant le stockage à l'extérieur ?

Le stockage en plein air obéit à des règles précises dès lors que la capacité dépasse 2 500 litres : l'installation doit obligatoirement se trouver à l'extérieur d'un bâtiment. Les distances minimales à respecter entre la paroi du réservoir et le bâtiment le plus proche varient de 0 m pour une cuve inférieure à 2,5 m³ jusqu'à 10 m au-delà de 50 m³.

Côté équipements, le réservoir doit être placé dans un bac de rétention étanche dont la capacité est au moins égale à celle du réservoir, et aucune canalisation ne doit traverser cette rétention. Pour limiter les risques de fuite et le vol de carburant, la mise en place d'un cadenas sur la pompe et d'un clapet anti-retour est fortement recommandée par les assureurs.

Au-delà des seuils ICPE, une étude d'impact et une autorisation préfectorale deviennent nécessaires.